LE PATRIMOINE DE SAINT VALERY SUR SOMME

L’entrepôt des sels

Construit en 1736,  il excite la curiosité de nos jours par son allure massive appuyée par des contreforts.  « Il était le plus grand et le plus vaste du Royaume » car il pouvait contenir 20000 tonnes de sel en provenance de Guérande, de Brouage, de Marennes et de la Rochelle qu’il répartissait dans les greniers de Picardie, de Champagne et de Bourgogne. Après l’abolition de la Gabelle (Taxe Royale) à la Révolution, on y stockera du charbon. La toiture est démontée en 1905. Sur sa façade, une plaque rappelle que de ce port partit en 1066 Guillaume de Normandie pour la conquête de l’Angleterre.

Le Courtgain

L’origine du mot vient de « petit salaire » et désigne le pittoresque quartier des marins, traversé par deux petites rues parallèles : la rue des Moulins et la rue des Pilotes qui se terminent non loin du Calvaire des marins et de son oratoire d’où le point de vue est superbe.
Les maisons datant de la fin du 18ème  et début du 19ème , serrées les unes sur les autres, construites en briques, avec des parties en torchis, au soubassement noir, et aux couleurs chatoyantes, respectent encore la tradition séculaire des marins pêcheurs qui s’embarquaient sur les « sauterelliers » pour pêcher la crevette grise. On y célèbre chaque année la fête de la mer.

La Chapelle Saint Pierre

Elevée en 1723 par les marins de la Ferté et avec l’accord du Pape, afin de créer leur propre Paroisse vis-à-vis de la Ville Haute, cette chapelle est ornée d’un clocher qui est la réplique miniature de l’ancien clocher de l’église Saint Martin disparu en 1786 lors d’une tempête.
Les matériaux traditionnels y ont été utilisés avec une alternance de silex, de briques et de calcaire taillés.
Actuellement, on peut la visiter lors des expositions organisées pendant la période estivale.

L’Hôpital

D’origine fort ancienne, c’est une « maladrerie » au 12ème pour recueillir les lépreux au retour des Croisades, puis il se transforme en couvent tenu par les Dominicaines, qui y construisent la chapelle en 1518. C’est enfin un hôtel-Dieu en charge par les Augustines de1650 à 1966 dont la vocation était de « recevoir, nourrir, panser, médicamenter les pauvres, malades, infirmes, vieillards et autres … ». Les bâtiments actuels datent de 1840 grâce à une aide financière, à la suite de la visite de Louis-Philippe qui s’était rendu compte de l’état de délabrement général. Actuellement l’établissement est plutôt spécialisé dans l’accueil et l’hébergement des personnes âgées.

Les quais

La plupart des Quais de Saint Valery sur Somme portent le nom de célèbres capitaines, qui ont servi sur des navires de guerre à la Révolution ou sous Napoléon, (Lejoille, Blavet, Pérée…). Ils sont bordés par des luxueuses demeures du 19ème qui appartenaient à plus de 80 familles d’armateurs et de Capitaines de Saint Valery. Au bout du quai Jeanne d’Arc, le plus récent avec le Quai Courbet (1860), se situe la plage, nommée autrefois « les Bains de la Ville » où toute la bonne société Parisienne venait en villégiature, logeait dans les somptueuses Villas (1900), se promenait sur les pontons de bois, se changeait dans les cabines ou écoutait de la musique sur le kiosque de la Tour Harold.

Le Tribunal de Commerce

La Juridiction remplaça à la Révolution le siège d’Amirauté. Après plusieurs délocalisations  dans la ville, il fut décidé de son installation en ce lieu le 4 avril 1867, dont une allocation de 20000 francs fut obtenue du Conseil Général par le juge Alphonse Pierru pour la construction d’un bâtiment approprié aux exigences de la justice consulaire. D’un style néo-grec, à l’image des temples grecs de l’Antiquité, il fut inauguré le 5 janvier 1870, débarrassé de toutes constructions aux alentours à cause de la circulation à sens unique de la Ferté et pour garder un libre accès aux marins, il s’en est suivi la formation d’une petite placette du nom du juge. Actuellement, lieu de concerts et terrasse de café en période estivale.

La porte de Nevers

Datée du 16ème , c’est une construction haute, à pignon pointu en briques, les grés et les galets à sa base sont d’origine plus ancienne. Au dessus de l’entrée, on peut apercevoir les deux baies qui laissaient le passage des chaînes pour remonter le pont levis. Au dessus, subsiste un blason portant les armes du Duc de Gonzague-Nevers, surmonté de la devise « fides »qui fut longtemps celle de la Ville, en souvenir de la participation de la milice communale à la bataille de Bouvines (1214). Les fenêtres d’appartement, occupé par l’actuel presbytère, était l’ancien corps de gardes. Sous la voûte, les  traces de rainures devinent le passage de la herse. A droite une poterne murée donnait accès directement sur la grève. A gauche, l’ancien cachot  sert  actuellement de lieu d’exposition.

Le Château

Situé sur le point culminant de la Ville, il était de composé au Moyen Age de remparts, de douves, de tours et un donjon. En 1356, les Anglais agrandissent l’enceinte avec des matériaux récupérés grâce à la démolition du cloître de l’Abbaye, et peuvent loger ainsi une garnison de 500 hommes. A la Révolution, la place forte est démantelée et remplacée par la suite par une gentille hommière du 19ème devenue propriété privée.

Les Tours Guillaume

Appelée « Porte du Haut » ou « Porte Jeanne d’Arc » en souvenir de son passage en décembre 1430, c’est un des vestiges les plus anciens de la Ville. Les tours, datées du 11ème , existent déjà lors de l’escale forcée de la flotte de Guillaume de Normandie en 1066. L’ensemble était constitué de deux tours rondes massives, avec consoles et mâchicoulis, deux corps de bâtiments avec un étage et des souterrains qui servaient de corps de garde et de prisons, un pont levis disparu en 1614, et des ouvrages de défense avancés aujourd’hui disparus. L’arcade ogivale a été édifiée en 1785 et un  pan de courtine subsiste encore. Sur les murs pousse en été un œillet rose appelé « l’œillet des croisades ».

L’Abbaye

C’est une des plus anciennes de Picardie, car elle fut fondée par les disciples de Saint Valery en 622. Saint Blimont en devint le 1er Abbé. Charlemagne la visita l’année de son couronnement (800). Pillée et détruite par les invasions Normandes en 859 et 881, elle renait à chaque fois de ses cendres, pour devenir resplendissante sous le dernier et 26ème Abbé Nicolas d’Ellecourt (1517). Elle se composait d’un cloître long de 36 m et 22 m de large, d’une tour carrée, d’une église abbatiale avec trois nefs, un transept, un chœur avec sept chapelles en abside, dont la chapelle centrale dite de la vierge rompait la ligne circulaire pour s’avancer en éperon. Les autres bâtiments dortoirs, cuisine, bibliothèque, écurie, infirmerie étaient groupés autour du cloître et l’ensemble pouvait accueillir 200 personnes, dont 50 religieux de l’ordre des Bénédictins. Vendue comme Bien National le 22 janvier 1791, l’abbatiale est détruite afin de récupérer les matériaux de construction. Depuis, il y subsiste la maison conventuelle du 18ème , au sein d’une vaste propriété privée, délimitée par un long mur d’enceinte.

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