L’histoire de Saint Valéry sur Somme

Les origines

L’origine de la ville est fort ancienne. Son histoire est directement liée à sa situation géographique. Son site abrité au sein de l’estuaire de la Somme, la présence des falaises mortes ont fait de Saint Valéry un lieu propice à l’occupation de l’homme. Dès la préhistoire, le site (alors un îlot à marée haute) était occupé. Les grecs (à partir de 700 avant Jésus Christ) se seraient établis à Saint-Valery alors appelé LEUCONAUS « vaisseau blanc ». Cette installation grecque n’a jamais été confirmée par l’archéologie.
L’occupation gauloise est attestée dés le 5ème siècle avant J.C. Après la conquête romaine (-52), la présence romaine est bien réelle sur les rives de l’ancienne Baie de Somme. On a dégagé un sanctuaire à Boismont et découvert un trésor de pièces et de bijoux à Mons Boubert. Pendant plusieurs siècles, une « cohabitation » gallo-romaine s’installe dans une paix toute relative. Au 5ème siècle, c’est les grandes invasions venues du nord, ce sont les francs qui s’installent dans nos régions et se mêlent aux populations existantes. Vers 500, c’est le baptême de Clovis, roi des Francs.

Le moine Gualaric

En 611, le moine Gualaric (puis écrit Walaric, Walric et Valery), disciple de Saint Colomban vint évangéliser la région. Il s’installe en ermite sur le promontoire du site de Leuconaus. Sa vertu et ses miracles attirent vite des disciples, dont Saint Blimont (sauvé miraculeusement par Valery). Cette cellule de disciples est à l’origine de l’abbaye primitive. Le saint y est enterré en 622, Saint Blimont, grâce aux largesses de Clotaire II (roi de Neustrie) jette les bases de l’abbaye en 627. périté et rayonnement grâce au soutien des rois de France (Dagobert et Charlemagne qui vient à Leuconaus en 800). Les reliques du saint attirent de nombreux pèlerins. Au cours du 8e et 9e siècle, l’abbaye est pillée, dévastée à plusieurs reprises par les vikings. Les reliques du saint sont vendus, l’abbaye tombe peu à peu dans l’indigence.

Guillaume le conquérant

En 1066, l’importante flotte de Guillaume, duc de Normandie attend des vents favorables à Saint-Valery. Une grande procession avec les reliques du saint traverse la ville. Finalement, Guillaume s’embarque sur « La Mora » et met le cap sur l’Angleterre où il bat Harold à Hasting. A Noël, Guillaume est couronné roi d’Angleterre. Fin du 11ème siècle. Bernard II, seigneur de Saint-Valery participe à la première croisade aux côtés de Godefroy de Bouillon. A son retour, Bernard crée une maladrerie en dehors des murs de la ville pour ses compagnons de croisade atteints de la lèpre. Au cours du 11ème siècle, Saint-Valery prend de l’importance, avec son château, ses murailles, son abbaye et devient « clef du Vimeu ». La ville obtient sa première charte d’affranchissement en 1197. La même année Richard Coeur de Lion pille le Vimeu, s’empare de la ville, brûle les navires, dévaste l’abbaye et emporte les reliques du saint à Saint Valery … en Caux. 1207, Aénor, Fille de Thomas de Saint-Valery épouse un comte de Dreux qui devient seigneur de Saint-Valery.

Pendant la guerre de 100 ans

La ville passe de mains en mains; les français, les anglais, les bourguignons. Les anglais abattent le cloître et les tours de l’abbaye afin de fortifier le château. En 1431, Jeanne d’Arc prisonnière des anglais traverse Saint Valery, puis sera acheminée à Rouen où elle sera brûlée. Le 14 juillet 1475, Louis XI fait incendier la ville. Il ne veut pas la céder à Charles le téméraire (allié des Anglais). La ville retrouve paix et prospérité aux 15e et 16e siècles. L’activité du port est florissante grâce à l’exportation des vins et la réputation du hareng de Saint-Valery. L’abbaye étale un grand faste. Les seigneurs de la maison de Gonzague n’ont qu’une autorité lointaine.

Pendant les guerres de religions

Elles ramènent ruines et désolations. En 1568, la ville est prise par le huguenot Cocqueville, puis reprise par le catholique Cossé-Brissac qui massacre les protestants. Des brèches sont faites dans la muraille afin de prendre d’assaut la ville. La porte de haut est incendiée et son accès est libre de 1594 à 1606. L’abbaye, une fois de plus est à restaurer.

17e et 18e ; la prospérité.

L’abbaye se relève et devient au 17e siècle un centre de rayonnement intellectuel. Des prêtres poètes comme Jacques Leclercq, Nicolas Chevalier, Charles Prévost, un théologien comme Charles Blondin ou un naturaliste comme Pierre Blondin participent au mouvement. L’autorité des seigneurs est insignifiante. En 1649, Marie-Louise de Gonzague vend la seigneurie de Saint-Valery à Nicolas de Rouault de Gamaches. Le port de commerce se développe (nous y reviendrons). La ville s’agrandit du côté des quais. La Ferté devient peu à peu un quartier très animé et très peuplé. Une petite “guerre civile” s’installe entre les frétélois et les habitants de la ville haute. En 1648, Saint Valery se retrouve dans une situation unique puisqu’elle possède deux maïeurs. L’un est frétélois: Olivier Dugardin, l’autre est de la ville haute, Michel de Montmignon. Une ordonnance venue d’Amiens tranche en faveur du frétélois. Pendant un siècle, les habitants de la Ferté réclament leur propre église, ils s’adressent au pape. Elle est enfin construite en 1723, c’est la chapelle saint Pierre. En 1666 : Le couvent des dominicaines est repris par les augustins d’Abbeville qui le réhabilitent en hôtel Dieu. Le 18e siècle voit le développement de deux chantiers navals. Le port est en grande activité. En 1785, un arrêt du conseil du roi Louis XVI ordonne l’exécution du canal de la Somme.

Pendant la révolution

1789, Les biens du clergé sont confisqués. 1793, Louis XVI est guillotiné. Les passions sanglantes épargnent Saint-Valery, aucune exécution capitale n’est enregistrée. Une société populaire valéricaine est crée en 1790, elle est affiliée au club des jacobins, mais elle n’était ni sectaire ni terroriste. Elle distribuait des certificats de civisme et tâchait de propager l’esprit des lumières. L’abbaye (qui subit plusieurs incendies au 1 8e) est vendue comme bien national en 1791. Le château subit le même sort. Ces bâtiments sont vendus comme matériaux de construction. A deux reprises Napoléon vient à Saint-Valery, afin d’inspecter les travaux d’exécution du canal, qui sera achevé en 1821 et inauguré par le duc d’Angoulême.

Première guerre mondial

Le port reprend une activité extraordinaire. Les anglais y débarquent marchandises, denrées, troupes pour ravitailler le front proche d’Albert. Des milliers de travailleurs chinois sont utilisés comme main d’œuvre. Ils vivent dans des conditions dégradantes dans des camps; 849 d’entre eux sont enterrés au cimetière chinois de Nolette.

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